La LFP soutient le Bleuet de France – Épisode 5/5

Actualité
11/11/2018

À l’occasion de la 13e journée de Ligue 1 Conforama et la 14e journée de Domino’s Ligue 2, la LFP et les clubs professionnels s'associent au Bleuet de France pour venir en aide aux victimes de guerres et d'attentats.

À cette occasion, en partenariat avec l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ONACVG), la LFP publie une série d’articles pour accompagner le travail de mémoire de l’association et mieux faire connaître le rôle du football dans ces événements historiques qui ont marqué la France. Ce cinquième et dernier épisode est consacré aux stades Auguste Delaune et Auguste Bonal.

Les clubs du Stade de Reims et du FC Sochaux-Montbéliard sont deux institutions bien implantées dans le paysage du football français. Autre similarité marquante, les deux clubs ont choisi, après 1945, de baptiser leurs stades du nom de grands résistants de la Seconde Guerre mondiale.

Auguste DELAUNE (1908 - 1943)
Né en 1908 dans une famille ouvrière, Auguste Delaune est apprenti soudeur dès l'âge de 14 ans. Sportif, il se consacre à la course à pieds de haut niveau. Parallèlement, il amorce une carrière politique en représentant les "jeunes" dans des mouvements de grève en Seine-Maritime, avant de s'impliquer dans le comité régional naissant de la Fédération sportive du travail. Il est ensuite membre du bureau national de la Fédération des jeunesses communistes de France, où il se consacre avec force à la lutte contre la montée du nazisme et du fascisme. Fort de ses convictions, il participe en 1936 avec une délégation française aux Olimpiada Popular à Barcelone : il s’agit alors d’un défi lancé aux organisateurs des Jeux Olympiques qui se déroulent à Berlin au même moment.

La même année, le front populaire crée un sous-secrétariat d’État aux Loisirs et aux Sports. Le Sous-secrétaire Léo Lagrange nomme Auguste Delaune membre du Conseil supérieur de l'Éducation physique et des Sports alors qu'il est le Secrétaire général de la Fédération sportive et gymnique du travail.

Mobilisé en 1939, évacué par la poche de Dunkerque, il est arrêté par la police française en tant que dissident politique (le parti communiste étant illégal). Incarcéré à Poissy puis à Châteaubriant, il s'évade le 21 novembre 1941. Il entre alors dans la clandestinité et fonde un organe de presse pour servir la Résistance : le journal Sport libre. Il dirige les cellules régionales du Parti Communiste en Picardie, Normandie puis Bretagne.

Le 27 juillet 1943, il tombe dans une embuscade tendue par la police française au Mans. Blessé, il est livré à la Gestapo. Torturé, il meurt le 12 septembre, sans même avoir révélé sa véritable identité.
Partout en France, des complexes sportifs portent son nom, à l’instar de l'enceinte du Stade de Reims.

Stade Auguste DELAUNE en jour de match – © Stade de Reims
Stade Auguste DELAUNE en jour de match – © Stade de Reims

Auguste BONAL (1898 - 1945)
Sous l'occupation allemande, Auguste Bonal est l’un des dirigeants des Automobiles Peugeot. Il est également membre du conseil d'administration du club de football du FC Sochaux-Montbéliard, avant d’en devenir le directeur sportif entre 1941 et 1943.

Lorsque les forces allemandes réquisitionnent les chaînes de montage sochaliennes pour faire construire des chars d'assaut, Auguste Bonal n’a de cesse de ralentir la production industrielle de l'entreprise avec l’appui d’autres hauts responsables.

Arrêté une première fois à la fin de l'année 1943, il est emprisonné deux mois et reste sous étroite surveillance. En mars 1944, il est arrêté avec d'autres dirigeants de Peugeot. Tous sont déportés dans le camp de déportation du Struthof, en Alsace, avant de rejoindre le camp de Schömberg. En avril 1945, sous la pression de l'avancée des troupes françaises, les déportés sont transférés en camion. Celui dans lequel se trouve Auguste Bonal tombe en panne, ses gardiens fuient. Alors qu'il tente une reconnaissance pour trouver de la nourriture, il est assassiné par des nazis en retraite le 23 avril 1945. Son nom est très rapidement donné au stade du FC Sochaux-Montbéliard.

Parmi les déportés-résistants, se trouve une autre figure marquante du club : Étienne Mattler. International français comptant 46 sélections, il participe aux trois premières Coupes du monde (1930-1934-1938). Défenseur, il effectue la quasi totalité de sa carrière à Sochaux, remportant deux titres de champion de France et une Coupe de France dans les années 1930. Engagé dans la Résistance, il est déporté mais parvient à s'évader par la Suisse avant de reprendre sa place au FC Sochaux-Montbéliard en devenant entraîneur-joueur jusqu'en 1946.

Stade Auguste BONAL en jour de match – © FC Sochaux-Montbéliard
Stade Auguste BONAL en jour de match – © FC Sochaux-Montbéliard

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