Renaud Cohade : «Le FC Metz est à un tournant»

Renaud Cohade (FC Metz)
Domino's Ligue 2
27/05/2019

Capitaine du FC Metz, sacré champion de Domino's Ligue 2, Renaud Cohade revient sur la jolie saison des Grenats, Habib Diallo, la prise de recul de Frédéric Antonetti ou encore son rôle de leader.

Parmi les hommes forts du FC Metz sacré champion de Domino's Ligue 2, il sort d'une nouvelle saison pleine. C'est simple, il n'a pas manqué une seule rencontre de championnat. Brassard au bras, le milieu de 34 ans a réussi à aligner les prestations de haut niveau, au point de figurer dans l'équipe-type de fin de saison lors des Trophées UNFP 2019. Lors de la cérémonie qui s'est tenue dimanche, il a également failli repartir avec le trophée de meilleur joueur de Domino's Ligue 2, lui qui faisait partie des cinq finalistes élus par ses pairs. Lui, c'est Renaud Cohade. Retour sur la saison des Grenats et de l'ex-joueur de l'AS Saint-Etienne, Valenciennes ou encore Strasbourg.

Vous avez été sacré champion de Domino’s Ligue 2 dès la 36e journée. En début de saison, est-ce que vous vous attendiez à un tel dénouement ?
Ça n’a pas été une saison facile. Après, on s’était fixé des objectifs élevés dès le départ, on ne s’en était pas caché. Il a fallu travailler mais on a réussi à faire une belle saison et à finir champions.

L'été dernier, vous aviez hésité avant de continuer avec le FC Metz…
La relégation avait laissé des traces sur le plan mental. Généralement, les clubs qui descendent procèdent à beaucoup de changements, ce qui a été le cas au FC Metz. Il a fallu réfléchir, peser le pour et le contre. Ma famille se sentait bien ici et il me restait un an de contrat. Le club a tout fait pour me conserver, avec le coach Antonetti qui a su me convaincre que ce soit sur le terrain ou en dehors. L’effectif a également été renouvelé avec l’arrivée de joueurs de qualité. Tous ces éléments m’ont décidé à rester et à tout faire pour aider le FC Metz à retrouver l’élite.

« Le coach était absent mais il était présent à travers ses adjoints »

La saison messine a été particulière puisque Frédéric Antonetti a dû se mettre en retrait pour des raisons personnelles à mi-saison. Avez-vous été surpris de conserver la bonne dynamique malgré ce bouleversement ?
Non, la qualité était là et il y avait eu un gros boulot lors de la préparation d’avant-saison. On a réussi à prendre 44 points sur la phase aller, de quoi avoir une petite marge sur nos poursuivants au classement. On a su être intelligents, maintenir l’état d’esprit qui était là et on a pu garder confiance. Il a fallu se remettre en question après chaque match car ce n’est pas facile de conserver la tête du championnat. C’est d’autant plus méritoire d’être monté.

Quelle était la nature des échanges avec Frédéric Antonetti sur la seconde partie de la saison ?
Nous, les joueurs, on n’était pas en contact direct avec lui, contrairement à ses adjoints Jean-Marie De Zerbi et Vincent Hognon, qui le connaissent depuis très longtemps. Ils l’avaient au téléphone régulièrement et nous donnaient de ses nouvelles. On l’a revu lorsqu’on a joué à Monaco en Coupe de France fin janvier. Comme il n’était pas loin, il est passé nous voir. Ça nous a fait plaisir et ça nous a donné encore plus d’allant pour la suite. On espère qu’il va revenir le plus vite possible.

Lorsque Jean-Marie De Zerbi et Vincent Hognon ont pris le relais de Frédéric Antonetti fin décembre, avez-vous noté une évolution dans la gestion de l’équipe ?
Cette transition s’est faite dans la continuité. Jean-Marie a toujours travaillé avec le coach et Vincent était son joueur. On a pu travailler dans la continuité, sur les mêmes bases tactiques. Comme ça a continué à marcher pour nous, on n’a pas eu à se poser de questions. Le coach était absent mais il était présent avec nous à travers eux.

L’absence de Frédéric Antonetti vous a-t-elle donné encore davantage de responsabilités par rapport à votre rôle de capitaine ?
Ça a été difficile pour tout le monde. Il n’y a pas que le foot dans la vie et dès que la santé est en jeu, on est touché (l’entraîneur messin a pris du recul pur rester aux côtés de sa femme, malade). Ensuite, sur le terrain, c’est sûr que j’avais davantage de responsabilités. Je suis le plus âgé du vestiaire donc c’est à moi de montrer l’exemple en tant que capitaine. Il a fallu que je l’assume encore un peu plus avec l’absence du coach mais j’été bien aidé par l’état d’esprit de mes coéquipiers et le travail du staff technique.

Ce n’est pas la première montée que vous vivez puisque vous aviez été promu avec le RC Strasbourg Alsace à la fin de la saison 2006/2007. En quoi la Domino’s Ligue 2 a-t-elle changé depuis cette époque ?
Les crampons ont changé déjà (rires). Cette montée avec Strasbourg remonte à quelques années donc le football a évolué. Ça va plus vite dans toutes les divisions mais c’est toujours aussi difficile de remonter en Ligue 1 Conforama. Les Barrages changent aussi la donne puisqu’il n’y a plus que deux équipes qui montent directement. C’est un championnat qui reste compliqué, un long marathon. Chaque équipe a son style et, même si on joue différemment de Brest, on reste une équipe offensive. Pour monter, il faut de grosses individualités, surtout en Domino’s Ligue 2 où le talent fait encore plus la différence. Avec des joueurs de talent, tu marques plus de buts et tu as davantage de chances de faire basculer les matchs. Chez nous, je pense à des éléments comme Diallo, Nguette, Boulaya, et même Rivière, qui a moins joué. On avait des arguments offensifs et une bonne base défensive, ce qui nous a permis d’être efficace et de gagner ce championnat.

« Plus d'importance dans le vestiaire que par le passé »

Vous n’avez pas marqué cette saison mais vous avez disputé tous les matchs, vous portez le brassard de capitaine et vous faisiez partie des nommés pour le titre de meilleur joueur de Domino’s Ligue 2. S’agit-il de votre saison la plus accomplie ?
Ce n’est pas la plus réussie car j’ai tout de même enchaîné des saisons à plus de 30 matchs en Ligue 1. J’étais plus jeune, j’avais plus de force et je pouvais jouer différemment. Mais ça reste une belle saison. Sur le plan individuel, j’ai été très régulier et j’ai eu plus d’importance dans le vestiaire, au niveau du leadership, que par le passé.

Vous êtes-vous toujours considéré comme un leader ?
Avant, ce n’était pas dans mon caractère mais j’ai toujours été un gagneur et un râleur. Ça peut être considéré comme un défaut parfois mais j’ai toujours aimé encourager mes coéquipiers et essayer de les tirer vers le haut. Ce n’est pas un rôle que je peux occuper seul. D’autres joueurs expérimentés du vestiaire ont eu leur importance comme John Boye, Manu Rivière ou nos gardiens Paul Delecroix et Alex Oukidja, qui a du vécu et qui a déjà connu une montée. Ça a fait un bon cocktail avec les jeunes et ça nous a permis d’atteindre nos objectifs.

Au cours de votre carrière, vous avez joué derrière des attaquants comme Marouane Chamakh, Jean-Claude Darcheville, Kévin Gameiro ou Pierre-Emerick Aubameyang. Pouvez-vous nous parler de Habib Diallo ?
Habib, je l’ai connu quand je suis arrivé au FC Metz il y a trois ans. C’est quelqu’un qui s’appuie sur de grosses qualités athlétiques, il est imposant. Il a un super jeu de tête et de super déplacements. C’est un attaquant de surface. Il marquera toujours. Son prêt à Brest la saison passée lui a fait du bien, il a pu jouer et prendre des acquis. Cette saison, il a explosé mais le meilleur reste à venir pour lui. S’il travaille encore, il pourra faire de très belles choses, que ce soit à Metz ou ailleurs.

Et en dehors des terrains, c’est quel type de garçon ?
Habib est quelqu’un de très calme, serein. Il est également concentré et déterminé. Il a beaucoup de sang-froid, à l’image de son efficacité sur pénalty (10 inscrits cette saison). Dans cet exercice, il faut de la réussite bien sûr mais son sang-froid est impressionnant, c’est peut-être sa qualité principale.

« Le Sénégal fournit de vraies pépites au FC Metz »

Habib Diallo est le dernier joueur de la filière sénégalaise du FC Metz à se mettre en évidence après des joueurs comme Sadio Mané ou Papiss Cissé...
Je ne sais pas si je suis le mieux placé pour en parler car je ne me suis jamais rendu sur place mais c’est sûr que chaque année, on voit 3-4 joueurs de qualité débarquer dans le vestiaire. Des jeunes joueurs, des talents créatifs comme Ismaïla Sarr. Il y a un vrai vivier au Sénégal, ça fournit de vraies pépites au FC Metz et j’espère que ça va continuer !

Quels joueurs de l'effectif messin voyez-vous capables d'exploser en Ligue 1 Conforama la saison prochaine ?
Les plus jeunes bien sûr mais je n’ai pas envie de citer certains noms plutôt que d’autres. Les saisons se suivent mais ne se ressemblent pas donc il faut toujours se remettre en question et travailler. Il y a des joueurs d’avenir et j’espère que le meilleur reste à venir pour eux.

Le FC Metz a souvent fait l'ascenseur ces dernières saisons. Est-ce un poids psychologique, peut-être même inconsciemment ?
Je ne sais pas, on verra la saison prochaine… On avait quand même réussi à se maintenir lors de la saison 2016/2017. Si on est ensuite descendu, ce n’était pas par rapport à ça mais parce que des erreurs ont été commises et qu’on les a payées cash. Le FC Metz veut s’installer en Ligue 1 et développe ses infrastructures. Une tribune va être refaite, on a un nouveau centre de formation. Le club est à un tournant et la saison prochaine sera très importante. Il faudra rester dans l’élite et ce ne sera pas facile, on le voit bien cette saison avec des grands clubs qui jouent le maintien. On va profiter de cette montée, se ressourcer pendant les vacances et revenir avec beaucoup d’envie.

Sur quoi va-t-il falloir s’appuyer pour se maintenir en Ligue 1 Conforama et imiter des promus comme le Nîmes Olympique ou le Stade de Reims, qui marchent très fort cette saison ?
Bien sûr que ce sont des exemples à suivre. On voit qu’ils ont réussi à garder le même état d’esprit que la saison dernière. Le comportement et l’état d’esprit, c’est la base. Ce n’est pas suffisant mais il faut déjà ça et compter sur le talent. Il faut également se renforcer mais les dirigeants et les coachs s’en occuperont. Nous, on est là pour travailler et donner le maximum.

Il vous reste un an de contrat avec le FC Metz. Serez-vous toujours Grenat à la reprise ?
Je n’ai pas encore entamé de discussions avec le club au sujet de la saison prochaine mais je suis contrat jusqu’en 2020. Sauf incident, je devrais continuer avec le FC Metz. Je ne me fais pas de souci.

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