Matchs en direct

20:45

Furlan : «Quand tu es devant, tu es une cible»

Jean-Marc Furlan (Stade Brestois 29)
Domino's Ligue 2
11/01/2019

L'entraîneur du Stade Brestois Jean-Marc Furlan évoque le statut de son équipe, 2e de Domino's Ligue 2, ainsi que son adversaire de la 20e journée, l'ESTAC, qu'il connaît très bien... Interview.

> La fiche de Jean-Marc Furlan

En cette période de voeux, que peut-on vous souhaiter ?

Sur le plan professionnel, au niveau de l'institution Stade Brestois, ce serait le voeu de revenir en Ligue 1 Conforama évidemment, comme tout club de Domino's Ligue 2. Il faut confirmer notre très bonne demi-saison, ce que l'on fait depuis ces 30 mois au cours desquels nous avons toujours été dans les 5 premiers. En tant que manager, je dois mener cette ambition-là. Tous les clubs qui ont connu l'élite veulent y retourner. C'est le soleil, le graal. Mais, dans l'histoire de ce championnat, on voit que tout se joue souvent sur les 10 derniers matchs. Même en ayant 25 ans d'expérience, on ne peut pas faire de prévisions. Après, quand on accumulé 38 points à la trêve, il ne manque pas grand chose pour être sûr d'être au moins encore en Domino's Ligue 2 la saison prochaine.

Comment analysez-vous cette première partie de saison particulièrement réussie ?
Depuis que je suis au club, c'est la première saison où mon groupe est à peu près stable. C'était la force essentielle du Nîmes Olympique la saison dernière, avec des garçons qui évoluaient ensemble depuis 5 ans. Après avoir complètement changé l'effectif les deux saisons précédentes, nous avons su conserver un groupe de 12-14 joueurs sur 25 qui se connaissent. Ce groupe est cohérent et performant, tant offensivement que défensivement. Nous n'avons pas un grand groupe en quantité, mais la stabilité, cela rassure un coach. Pour l'instant, à part Jessy Pi, je n'ai pas eu de blessés, ce qui peut changer la donne.

Vous êtes dans la continuité de la saison dernière...
Ce groupe a décollé depuis les 32e et 33e journées de la saison dernière, développant beaucoup de forces. S'il y avait eu un mois de championnat de plus, on aurait pu monter. Les joueurs ont acquis mes principes de jeu et ont crée une vraie cohésion. Le grand Mario Zagallo disait que les duos étaient très importants, comme Nîmes, qui a pu compter sur le duo Bozok-Alioui la saison dernière. De notre côté, nous avons un atout supplémentaire avec l'épanouissement de « Charbo » (Gaëtan Charbonnier). C'est une vraie valeur ajoutée. Il atteint une forme de plénitude, est heureux d'être là, et a développé une belle complicité avec Mathias Autret.

Ce nouveau statut de favori pour la montée peut-il être lourd à porter ?
Lors de ma première saison au Stade Brestois, nous avons été, contre toute attente, premiers toute la saison, alors que nous avions démarré à 8 à l'entraînement. Je me disais : « Qu'est-ce qu'on fout là ? ». En fait, le plus dur à porter, c'est l'adversité. Quand tu es devant, tu es une cible. On va voir si on a suffisamment d'épaisseur, de compétence pour résister. C'est un sac à dos lourd à porter. Souvent, ces dernières années, ceux qui montent ne sont pas la cible, ne sont pas attendus, Les GFC Ajaccio, Amiens, Nîmes... De mon côté, la première question que je me pose quand débute un nouveau championnat, c'est : « Comment prend-on 40 points ? ». Nous y sommes presque donc nous pouvons être ambitieux et essayer d'être les meilleurs du championnat.

Vous avez l'image d'un entraîneur offensif, qui privilégie le jeu. Cela vous parait-il justifié et l'appréciez-vous ? Votre équipe a la meilleure attaque du championnat...
Cela m'a beaucoup desservi. Si je suis entraîneur, c'est parce que Aimé Jacquet m'a forcé à aller passer mes diplômes. Pour moi, le football, c'est l'expression d'un certain idéal. Implicitement, on veut tous gagner. Mais après, avec quelle façon de s'exprimer ? En France, depuis 20 ans, on développe l'efficacité, comment bien défendre. Mon idéal, c'est de donner de l'émotion, de faire venir les gens au stade. Je veux tout gagner, mais d'une certaine façon. Cette image, j'en ai souffert parce que ce n'est pas du tout à la mode. Mais, pour faire un raccourci, si nous prenons 4 buts mais que nous en marquons 5, ça me va. Par rapport au fait d'avoir la meilleure attaque, je l'ai découvert il y a 15 jours, quand mon analyste vidéo m'a donné les stats. Les classements ne m'obsèdent pas. J'essaie de tirer le maximum de mes joueurs et de les rendre heureux.

"L'ESTAC, sur le plan affectif, c'est fort"


Samedi, à l'occasion de la 20e journée de Domino's Ligue 2, vous recevez l'ESTAC, un club que vous connaissez très bien. Que représente-t-il pour vous ?
C'est l'ESTAC quand même, 9 ans de ma vie (ndlr : 2004-07 et 2010-2016). Mon ami François Baroin m'a dit : « N'oubliez pas que vous êtes Troyen ! ». En fait, je suis Bordelais (rires). A Troyes, on a bien voulu me faire confiance. A la fin, sur le plan sportif, on était une vraie « machine de guerre ». J'aurais toujours l'impression d'être chez moi là-bas, j'y ai tellement d'amis. J'ai quand même vécu trois accessions, dont un titre de champion, deux demi-finales de Coupes... C'est un club très bien structuré, très professionnel, grâce au travail d'Alain Perrin, dont j'ai profité dès mon arrivée en 2004. En tout cas, sur le plan affectif, c'est fort.

Pour en revenir au match, comment l'abordez-vous ?
Cette équipe a plus de moyens que Brest. Tous les matchs sont dangereux, surtout à domicile. Depuis 2 ans, nous cherchons à être invincibles chez nous. L'ESTAC a un effectif de grande qualité, avec notamment Fortuné, que nous voulions, Touzghar, très dangereux. Cette rencontre sera indécise, je la crains.

Il y a un joueur troyen que vous connaissez mieux que quiconque, un certain Benjamin Nivet...
Ce sont des liens affectifs très forts. Je l'ai connu en 2004, il avait 27 ans. Je le faisais jouer en meneur de jeu, j'adore faire évoluer mon équipe avec un n°10. Il faisait partie des tout meilleurs, c'est un vrai régal. C'est un homme très attachant et un joueur exceptionnel. Il est toujours là parce que sa famille et lui vivent pour le football, il a toujours fait très attention. Quand je pense à lui, j'ai des images de matchs et de buts qui me reviennent.

Stade Brestois 29
-
ESTAC Troyes







L'email a bien été envoyé
OK
  • Partenaires Canal Plus BeIn Sport domino's Fiat Tipo ballon uhlsport la poste