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Foot féminin : Stéphanie Frappart a «entrouvert des portes»

Stéphanie Frappart
Domino's Ligue 2
07/06/2019

Par AFP

Première femme à arbitrer un match de Domino's Ligue 2, Stéphanie Frappart fait figure d'exemple. Elle évoque son approche différente.

Chamois Niortais – Stade Brestois 29, le 8 août 2014, un match de Domino’s Ligue 2 comme un autre ? Non, car pour la première fois, une femme arbitrait une rencontre de football professionnel messieurs, la pionnière Stéphanie Frappart, avant-garde d'un arbitrage au féminin encore à ses prémices. Aujourd'hui, sa présence en Ligue 2 n'étonne plus personne. A 35 ans, elle a fait du chemin aussi bien chez les garçons que dans les grandes compétitions internationales dames, comme la Coupe du monde cet été en France, où elle s'apprête à officier.

« J'ai entrouvert des portes »

Des jeunes arbitres comme Clémence Goncalves, 24 ans, la citent en exemple : « C'est la numéro 1 française. Elle est arbitre centrale en Domino's Ligue 2 chez les hommes. Son rôle, c'est d'être une sorte de vitrine. Par exemple, elle a fait la finale de la Coupe du monde des moins de 20 ans. Elle promeut et rend plus visible l'arbitrage féminin ». Avant elle, une autre figure avait montré la voie le long de la ligne de touche : Nelly Viennot, arbitre-assistante en Ligue 1 Conforama pendant 10 ans. Mais Stéphanie Frappart, 35 ans, est arbitre principale et prend de plus en plus de responsabilités au sein de la fédération, aux côtés des « arbitres féminines de D1 et D2 (championnats dames) pour les aider et les accompagner ».

« L'un de mes rôles c'est aussi de susciter des vocations en donnant envie aux filles de commencer l'arbitrage. Je le prends à cœur parce que je me dis que j'ai entrouvert des portes », confie-t-elle. Et de les mettre en garde contre la misogynie dans le foot ? Stéphanie Frappart ne s'attarde guère sur le sujet ni sur les commentaires sexistes de l'ex-entraîneur du Valenciennes FC, David Le Frapper, un soir de match nul contre Laval. « Le pénalty (non sifflé), il était bien là mais l'arbitre ne l'a pas vu, elle faisait du patinage peut-être. Quand on est une femme et qu'on vient arbitrer un sport d'hommes, c'est compliqué », avait lancé le technicien, avant de présenter ses excuses. « C'est assez rare », assure-t-elle. « Je me suis dit que c'était un comportement qui dépassait le monde du foot, je n'ai pas voulu m'entretenir avec lui. Chacun est parti de son côté ».

Après quatre saisons et demie en Domino’s Ligue 2, Frappart, exigeante et discrète, est un visage respecté sur les terrains. La saison dernière, le milieu de l’US Orléans Pierre Bouby, cité par L'Equipe, l'avait présentée comme la « meilleure arbitre de Ligue 2 : elle a une petite voix mais elle a du charisme, de la personnalité. Elle utilise des mots justes, elle explique, elle est diplomate et on peut discuter avec elle. Elle ne cherche pas à se mettre en avant. Son objectif, c'est vraiment le jeu ».

« Approche différente »

Selon elle, même s'il faut d'abord « être compétent et siffler juste », le fait d'être une femme peut apporter « une approche différente dans la manière de diriger. Les comportements des hommes peuvent être aussi complètement différents ». « On sait très bien que les relations hommes-hommes peuvent être un peu plus conflictuelles qu'avec une femme. A compétences égales, l'approche d'une femme peut permettre de dédramatiser certaines situations », estime celle qui s'est intéressée à l'arbitrage dès ses 13 ans, dans son district du Val-d'Oise.

Tous niveaux confondus, la fédération française dénombre 1 000 arbitres féminines, amateures, et compte bénéficier de l'effet de levier du Mondial 2019 pour tendre vers la barre des 1 500 arbitres à moyen terme. « Aujourd'hui, l'arbitrage féminin est un petit peu en retard par rapport au développement du nombre de joueuses donc différentes actions sont menées. On valorise notre élite de l'arbitrage féminin à travers la formidable locomotive qu'est Stéphanie Frappart », explique Pascal Garibian, le patron des arbitres français.

Stéphanie Frappart est la seule femme à pouvoir vivre en partie de ses fonctions d'arbitre, dans « une sorte de semi-professionnalisme avec un fixe mensuel et des indemnités de matchs », poursuit le dirigeant. Mais elle travaille encore trois jours par semaine, à côté. Au départ, « c'était un peu compliqué mais, maintenant, ça se goupille bien », sourit-elle. « C'est une question d'organisation entre les entraînements, la préparation des matchs d'un point de vue logistique ou technique et le travail au quotidien. C'est assez bien rodé ».








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