Jardim : « Je ne me sens inférieur à personne »

Coupe de la Ligue BKT
29/03/2018

Par AFP

L'entraîneur monégasque Leonardo Jardim se dévoile et donne sa conception du métier d'entraîneur, avant la Finale de la Coupe de la Ligue entre l’AS Monaco et le Paris SG, samedi (21h05) au Matmut ATLANTIQUE.

Que représente cette finale de Coupe de la Ligue par rapport à une 2e place en Ligue 1 Conforama ?
« On veut gagner. Un trophée fournit le CV de chacun. Mais la 2e place changerait la saison prochaine. Elle est plus importante. »

Comment le groupe reste-t-il sain avec si peu de matchs ?
« On l'a réduit en janvier pour plus de concurrence. Ensuite, c'est le respect de la règle collective et l'importance des performances individuelles. Vérité et cohérence sont les bases de ma relation avec les joueurs. Ils sont intelligents. Sans cette cohérence "discours-acte", tout peut se casser. Un joueur sort de l'équipe sur baisse de performances ou blessure. »

« Mourinho et sa culture de la gagne ont été importants »

Pas sur des changements tactiques ?
« Si, mais il faut garder l'équilibre et les options tactiques. En début de match ou quand c'est équilibré, on a des difficultés en 4-4-2. Je joue ainsi quand l'adversaire baisse physiquement et qu'on contrôle. Si par mes choix, l'équipe perd 10 points en fin de match, au lieu d'en gagner 18, comme cette saison, je serai en difficulté ! Ce sera normal. L'analyse vient de l'expérience. »

Vous avez une expérience différente de celle d'un ancien joueur professionnel...
« J'étais universitaire et joueur amateur. Mais je suis entraîneur professionnel depuis 22 saisons, numéro 1 depuis 15 ans et presque 600 matchs. Ma personnalité, ma philosophie, ma gestion des hommes n'ont pas changé. Nos équipes marquent beaucoup, avec beaucoup de buteurs. L'objectif est collectif. L'ADN de mon jeu vient de mon propre regard sur le foot et de José Muniz, dont j'étais adjoint à Camacha (son premier club, ndlr). Mourinho et sa culture de la gagne ont été importants, aussi. »

C'est un communiquant. Vous, moins...
« Ma communication et ma personnalité s'accordent. Pas besoin, comme certains, de théâtre sur le terrain, ou de discours incohérents qui me sont insupportables. Il faut faire face aux situations. Moi, j'ai toujours fait mes preuves. Dès Camacha, devenu mon laboratoire. Par exemple, après quelques tests avec un champion de demi-fond qui se fatiguait rapidement en s'entraînant avec nous, j'ai compris la spécificité des efforts avec ballon. »

Votre staff semble jouer un rôle important à vos côtés ?
« Mes adjoints sont investis dans leur rôle. Si on leur proposait un poste de numéro 1 au Portugal, personne ne partirait, selon moi. Avoir d'autres façons d'aborder un problème m'aide à réfléchir. Après, je décide. Et ils soutiennent cette décision. Elle devient celle du staff. Le président Dmitry Rybolovlev nous a prolongés jusqu'en 2020. Ça démontre son soutien, même s'il n'est pas public. En interne, il m'a toujours dit sa confiance. Même en 2016, au plus fort des rumeurs, j'ai toujours été tranquille. »

« Je ne pense jamais que quelqu'un est meilleur que moi »

Peut-il se plaindre ? Les ventes s'enchaînent mais l'équipe reste compétitive...
« C'est la stratégie. J'en fais partie. Je suis passionné. Certes, gagner le titre rend plus heureux. Mais je suis très satisfait de chaque saison ici. Une analyse fine des effectifs permettrait même de dire qu'en 2016, j'ai fait un gros boulot et été injustement critiqué. »

Vous faites désormais partie du gratin. Comment le vivez-vous ?
« Statut, reconnaissance, titres, salaire ont changé. Mais pas ma manière d'être. Je reste l'homme que j'étais. Le salaire, résultat du travail, n'est pas tout. J'ai refusé une très grosse proposition de Chine cet été, car je reste ambitieux et vise le plus haut niveau européen. Chacun sa méthodologie, ses qualités. Mais je ne pense jamais que quelqu'un est meilleur que moi. »

Pour grandir, vous faut-il quitter l'AS Monaco ?
« Le club m'offre de bonnes conditions salariales et sportives. Quelques clubs plus grands existent. Mais pour le moment, à 43 ans, je suis heureux ici, en pleine maturité, avec l'objectif de passer le cap des 1000 matchs dirigés en carrière. Pour acheter une image, il faut prendre un autre entraîneur que moi. Pour les compétences et qualités, j'aurais peut-être des opportunités. Je ne me sens inférieur à personne. »

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