Ba : «Entre Bordeaux et Le Havre, je ne peux pas choisir»

Ibrahim Ba
Coupe de la Ligue BKT
08/01/2019

Avant le quart de finale de Coupe de la Ligue BKT entre les Girondins de Bordeaux et le HAC, l'ex-milieu international Ibrahim Ba évoque les deux clubs qui l'ont vu exploser.

Trois jours après celui qui a eu lieu en Coupe de France, le match Bordeaux-Le Havre, deux clubs dans lesquels vous avez évolué, a lieu en quarts de finale de la Coupe de la Ligue BKT mercredi (21h05)...
Après ce que l'on a vu dimanche en Coupe de France (0-1 pour le HAC), ce sera intéressant. Les Girondins ont été battus, mais n'avaient pas aligné tous leurs titulaires. Il y a des choix à faire parfois, la saison est longue. On verra donc quels sont les ambitions du club en Coupe de la Ligue BKT. Sur un match de Coupe, il peut se passer beaucoup de choses, Le Havre l'a prouvé.

Le HAC peut-il rééditer l'exploit ?
Pourquoi pas ? Cela dépendra de Bordeaux aussi. Remporter la Coupe de la Ligue BKT, c'est important. C'est un billet pour l'UEFA Europa League ! Une fois, cela peut arriver, mais une deuxième qualication havraise serait une grosse surprise.

Quel regard avez-vous sur la saison des Girondins ?
A Bordeaux, il y a eu beaucoup de changements : de nouveaux dirigeants, un changement d'entraîneur... Le club mise aussi sur les jeunes de son centre de formation. En UEFA Europa League, les Girondins ont fait des choses intéressantes mais, malheureusement, ils ont été sortis. Il faut qu'ils finissent bien la saison, ce serait important qu'ils se qualifient en UEFA Europa League.

Et sur celle du Havre ?
Le HAC a des hauts et des bas. Il a manqué quelque chose la saison dernière, par rapport à la montée. Après, ce n'est pas facile, tout repart à zéro. Ils ont perdu un attaquant qui avait fait une superbe saison (ndlr : Mateta), cela manque. Quand on veut monter, il faut un attaquant capable de marquer 20 buts. Mais j'espère de tout coeur qu'ils y arriveront, même par les barrages.

« Je devais aller à Nantes et j'ai eu un coup de fil de Courbis... »


Que réprésente le HAC pour vous ?
Pour moi, Le Havre, c'est tout. C'est le début de ma carrière. J'ai eu la chance d'avoir des personnes qui ont cru en moi, je pense à Jean-Pierre Hureau, Alain Belsoeur et Jean-Pierre Louvel. C'était un club familial. J'ai eu la chance de me retrouver au centre de formation, avec Abdel Djaadaoui, avant d'intégrer l'équipe première avec Pierre Mankowski. J'ai aussi rencontré des joueurs qui m'ont beaucoup donné, comme Philippe Mahut, Jean-Christophe Thouvenel, André Kana-Biyik, Pierre Aubame, Thierry Uvenard ou encore, au centre de formation, Christophe Revault et Vikash Dhorasoo. C'est un club qui a sorti beaucoup de joueurs. J'ai eu la chance de pouvoir faire une année de formation, puis plusieurs saisons au Havre avant de partir à Bordeaux.

Votre saison aux Girondins vous a permis d'exploser aux yeux du public français. Est-ce le souvenir que vous en gardez ?
Pour moi, c'était la continuité de ce que j'avais pu faire au Havre, mais avec un club moins médiatisé. En allant à Bordeaux, j'ai franchi un palier, je rejoignais une équipe qui avait été finaliste de la Coupe de l'UEFA face au Bayern Munich avec des grands joueurs comme Zidane, Dugarry, Witschge. Je devais aller au FC Nantes, qui venait d'être champion de France. Tout était prêt et, au dernier moment, j'ai eu un coup de fil de Rolland Courbis. Il m'avait dit : « Tu rejoins l'équipe qui vient de remporter le championnat et tu seras un joueur parmi ceux qui ont été champions. Alors que si tu viens à Bordeaux, je te ferai devenir quelqu'un de très important pour l'équipe ». A la fin, j'ai choisi d'aller à Bordeaux. Et ce qu'il avait dit s'est vérifié cette saison-là et j'ai été appelé pour la première fois en équipe de France, pour un match face au Portugal à Braga.

« Une compétition très importante et intéressante »


Quel rapport avez-vous à la Coupe de la Ligue BKT ?
Je me rappelle avoir joué cette compétition l'été (ndlr : quand elle n'était ni « officielle », ni qualificative pour une coupe d'Europe, avant 1995) avec Le Havre. C'étaient mes premiers matchs avec l'équipe professionnelle. Pierre Mankowski n'était pas sûr de me garder, il hésitait à me prêter à Laval. J'ai joué un match de Coupe de la Ligue face à l'En Avant de Guingamp, il a changé d'avis et je suis resté au Havre. C'est pour va que cette compétition m'a marqué ! Et quelques années plus tard, il y a eu la finale perdu face au RC Strasbourg Alsace (0-0, 5-6 aux t.a.b.). C'est une compétition très importante et intéressante.

Plus précisément, que retenez-vous de cette finale ?
Je crois que j'avais loupé mon tir au but ? Ah, non ? Tant mieux ! Nous étions favoris. Après, c'était une finale et ce n'est pas toujours le favori qui l'emporte. Cette saison-là, il y avait 13 nouveaux joueurs dans l'effectif, donc terminer 4e du championnat et disputer une finale de Coupe de la Ligue, c'était déjà bien pour nous.



Dans cette équipe bordelaise, il y avait un certain Patrick Colleter, qui est aujourd'hui entraîneur adjoint aux Girondins. Que pouvez-vous nous dire sur lui ?
C'était notre capitaine, le joueur qui avait le plus d'expérience, avec les Papin, Bodart et Tholot. Le reste, dont moi, c'étaient des jeunes. Nous étions tous copains. En ce qui concerne Patrick, j'ai et nous avons beaucoup appris avec lui, notamment sur la gestion des gros matchs. Il savait nous parler et faire en sorte que nous soyons tranquilles. Et à l'entraînement, il était toujours devant.

Pour en revenir au match de mercredi, auriez-vous un pronostic ?
Ce sont mes deux clubs en France, je ne peux pas choisir ! Que le meilleur gagne, avec du spectacle.

Et au-delà de cette rencontre, qui voyez-vous gagner la Coupe de la Ligue BKT ?
Je ne me pose pas de question, je vois le PSG. Pour moi, le PSG et l'Olympique Lyonnais sont les deux équipes françaises les plus fortes. Le Stade Rennais fait de bonnes choses en ce moment aussi.

Pour finir, que devenez-vous, après avoir été scout pour le Milan AC ?
J'ai arrêté le scouting, même si les nouveaux dirigeants du Milan AC m'ont proposé de le refaire. Je me suis tourné vers le métier d'entraîneur, j'ai eu le diplôme UEFA A en Italie. Après, ce n'est pas facile, il faut trouver un projet, un club. Je suis ouvert, j'espère qu'il y aura une possibilité bientôt.

Girondins de Bordeaux
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Havre AC







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