Quand Monaco la jouait so British

Glenn Hoddle et Mark Hateley à l'AS Monaco
Ligue 1 Conforama
17/05/2018

En 1987/88, Arsène Wenger affichait déjà son attirance pour l’Angleterre en recrutant le duo Hoddle-Hateley qui a offert cette même saison le titre de champion de Ligue 1 Conforama à l’AS Monaco.

Il y a un an jour pour jour l'AS Monaco remportait le titre de champion de Ligue 1 Conforama; tout comme il y a 30 ans. A l'époque, le club de la Principauté avait misé sur un duo débarqué d'outre-Manche. S’il a contribué à rendre les joueurs français « in » en Premier League une fois à Arsenal, Arsène Wenger avait aussi auparavant permis la démocratisation de la traversée du Channel par les joueurs anglais. Si David Beckham est le dernier anglais en date à avoir conquis la Ligue 1 Conforama lors de sa fin de carrière avec le PSG (2013), Chris Waddle une véritable révélation sous le maillot de l’OM entre 1989 et 1992 avec trois titres de champion de France, c’est bien du côté de l’AS Monaco que deux stars anglaises ont débarqué lors de la saison 1987/88.

La nouvelle vague venue d’Angleterre

A la même période, d’autres Anglais ont effectué des passages remarqués en Ligue 1 Conforama ; Clive Allen à Bordeaux, Graham Rix en Normandie (SM Caen et Havre AC), rejoint par Brian Stein à Malherbe. Mais aucun « duo British » n’a autant rayonné que celui formé par Arsène Wenger à son arrivée en Principauté à l’été 1987 avec Glenn Hoddle et Mark Hateley, succédant d’ailleurs au fébrile tandem danois Busk-Lerby.

« Nous ne tenions pas forcément à donner une couleur britannique à notre équipe, mais nous avons pris Hoddle parce que nous avions déjà Hateley », confie Wenger en avant-saison. « Avec eux, nous avons l’assurance d’une bonne mentalité ». Le coach de l’AS Monaco ne s’y est pas trompé ; ses deux internationaux ont conduit le club du Rocher au titre de champion de Ligue 1 Conforama quelques mois plus tard. « Sur le terrain, on avait un formidable animateur avec Hoddle.  Le jeu portait souvent sa patte. Il était de la race des Platini. Et puis devant, il y avant son compatriote Mark Hateley. Leur passage nous a profondément marqué. »

Logés à leur arrivée dans le même immeuble sur le front de mer, les deux hommes se sont très rapidement acclimatés à la Côte d’Azur (« J’ai eu le coup de cœur en venant un après-midi en Principauté », a dit Mark Hateley) et au 4-3-3 de Wenger (auteurs de 42% des buts de la saison), permettant notamment au club monégasque de rapidement prendre les commandes du classement (2e journée) et ainsi de l’occuper lors de 37 des 38 journées.

Et ce, dans un autre registre que les Monégasques d'Onnis et Dalger dix ans auparavant, titrés dès leur remontée. Ce qui n’a toutefois pas empêché Jean Petit, figure du club et autre acteur majeur du titre de 1982, d’afficher 27 ans plus tard son admiration pour ces deux Anglais : « Je n'ai pas vu plus doué qu'Hoddle. Pourtant, il y a eu de grands joueurs à Monaco, Weah, etc... Concernant Hateley, je n'ai pas vu plus combattif. Avec lui, vous pouviez aller à la guerre sereinement ». Car les deux joueurs sont des phénomènes. Athlétique, Hateley débarque avec le surnom évocateur d’« Attila », après une expérience difficile à l’AC Milan et une dernière saison des plus ternes (23 matchs et 2 buts), passée dans l’ombre de Virdis. Puissant, l’Anglais fait des merveilles pour boucler la saison du titre princier avec 14 réalisations en 28 rencontres pour une 3e place au classement des buteurs.

Les Doubles H de l’AS Monaco

De son côté, Glenn Hoddle qui l’a rejoint peu après se montre plus créatif que son compère britannique. « C’est un grand joueur, sans doute le meilleur que j’ai côtoyé en Angleterre. Sa dernière passe est toujours remarquable », explique Oswaldo Ardiles, son ancien coéquipier chez les Spurs et champion du Monde 1978, à l’arrivée du Britannique sur le Rocher à l’été 87. « Tant mieux pour le championnat de France, ajoute l’Argentin, qui vise juste en expliquant que « Si Hoddle peut y jouer en position moins avancée qu’à Tottenham, il sera encore plus fort ».

Et justement en Principauté, le gaucher de 29 ans se régale en soutien d’Hateley et découvre les joies d’un titre de champion, après ceux individuels avec Tottenham (meilleur espoir en 1980), son club de ses débuts. Individuellement, il boucle l’exercice du titre avec le trophée de meilleur étranger avec notamment 8 réalisations, mais il se révèlera encore plus efficace la saison suivante avec 18 buts et une 2e place au classement des buteurs de Ligue 1. Chose qu’il avait lui-même annoncée à l’intersaison. « Je me suis fait plaisir, mais je peux jouer beaucoup mieux. Je n’étais qu’à 70% de ce que je donnais à Tottenham », lance-t-il dans France Football.

Impressionné par le niveau technique des joueurs en France – « Mark et moi sommes sidérés de voir comme les équipes construisent. Même les défenseurs font preuve de réflexion dans le jeu ! » - Glenn Hoddle a malgré tout offert quelques leçons dans le championnat qu’il nomme « paradis des techniciens ».

Le duo Hateley-Hoddle est explosif et l’été très chaud en Principauté. Après une première défaite concédée à Montpellier, les attaquants d’outre-Manche flambent contre Toulouse (5-1), avec une ouverture du score après 105 secondes d’Hateley après un festival d’Hoddle. En seconde période, « Attila » signe l’un des buts de la saison, en signant une reprise de volée du gauche très pure sur un centre de Hoddle. « Il fallait essayer, ça a marché, c’est tout. C’est mon boulot. De toute façon tous mes buts sont beaux », déclare teinté d’humour anglais Mark Hateley, auteur d’un doublé et d’une passe décisive. Dans la foulée, les deux derniers champions le PSG (1986) et Bordeaux (1987) tombent à Louis-II, comme le signe d’une succession. Sans autre titre, l’AS Monaco gardera l’accent anglais jusqu’en 1990.








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