Enzo Scifo, le joyau belge

Ligue 1 Conforama
07/03/2018

Champion de Ligue 1 avec l’AS Monaco (1997), Enzo Scifo a avant rebondi sous les couleurs de l’AJ Auxerre avec deux belles saisons et notamment un match phare contre l’OM en 1990.

Enzo Scifo a profité d’une des spécificités de l’AJ Auxerre, à savoir permettre aux talents de redonner leur pleine mesure, comme l'ont réussi après lui Jean-Marc Ferreri (91/92), Laurent Blanc (95/96) ou encore Peguy Luyindula (05/06). Avant de se relancer à l’AJ Auxerre en 1989 au point d’en devenir le joueur clé, décrocher le titre de meilleur étranger de France et ensuite d’être sacré champion de France de Ligue 1 en 1997 sous un autre maillot (AS Monaco), Enzo Scifo a connu des années difficiles, notamment chez les Girondins avec une saison entachée notamment par les blessures malgré une belle entame avec un doublé signé en ouverture de la saison 1988/89 face à ...l'AJ Auxerre.

Mais en Bourgogne justement, sous les ordres du paternel Guy Roux, le meneur belge y a trouvé un environnement familial qui lui a redonné confiance. Alors prêté par l’Inter pour ce qui reste sans doute le gros coup historique de l’AJA en matière de recrutement, le talentueux Scifo n’a pas tardé à se montrer indispensable. A peine arrivé chez les Icaunais, le brillant meneur aide le club à éviter une élimination précoce en Coupe d’Europe en mâtant le jeune duo Boban-Suker du Dinamo, à Zagreb. 

Scifo s’épanouit à l’AJ Auxerre

« J’ai trouvé mon soleil à l’AJA. Chaque jour qui passe, je me dis que je ne pouvais pas faire meilleur choix », s’enthousiasmait le n°10 auxerrois au cœur de l’hiver 90. Au contact de l’emblématique coach auxerrois, l’ancien d’Anderlecht « sens mieux le jeu. Je progresse aussi techniquement et physiquement. Je me sens plus fort », expliqua-t-il à l’époque. Et le Diable Rouge y est aussi devenu davantage buteur avec ses 25 buts réussis sous les couleurs icaunaises.

Le match qu’il a produit lors de sa deuxième et dernière saison auxerroise contre l’OM à l’Abbé-Deschamps illustre bien son passage à l’AJA et tout le talent de ce mythique meneur de jeu. L’image d’un Jean Tigana déconfis les bras croisés après le 3-0 signé du capitaine Scifo symbolise d’ailleurs parfaitement le caractère exceptionnel du scénario de cette rencontre.

Quand le grand OM prend la leçon à l’Abbé-Deschamps

En décembre 1990 pour la réception de l’OM, alors leader du championnat, Enzo Scifo a une belle carte à jouer à la tête d’une AJA deuxième du classement au cours d’un match diffusé en direct sur Canal+ et devant tous les médias présents pour ce choc au sommet. Une semaine auparavant, le Belge avait offert le 1-1 aux siens face à son ancien club, les Girondins. Mais ce point est le seul obtenu par le club bourguignon sur les trois dernières journées. « Ce match contre l’OM nous a peut-être coûté des points avant », a confessé après coup William Prunier reconnaissant que les Auxerrois attendaient ce match contre l’OM avec impatience.

Car depuis qu’elle a occupé la tête du championnat au soir de la 15e journée, après une série de 13 journées d’invincibilité, l’AJ Auxerre marque le pas. « On s’est sans doute laissé griser par cette première place inespérée dans la mesure où l’OM est l’épouvantail du championnat. Marseille c’est incontestablement une grande équipe. Auxerre c’est une bonne équipe, pas encore de la taille des grands », expliquait le Belge dans les colonnes de France Football quelques jours avant le choc entre les deux premiers au classement à l’Abbé-Deschamps, pour une fin des matchs aller en apothéose.

Dominé la saison précédente sur ses terres par l’OM, venu s’imposer sur un contre en solitaire de Jean-Pierre Papin, Auxerre n’est donc pas en position de force avant cette 19e journée. Ce qui n’empêche pas Enzo Scifo d’afficher la couleur face à un leader qui a déjà chuté à Sochaux et à Nancy : « Marseille, on va les bouger ! »

L’AJ Auxerre marque trois fois en cinq minutes !

Et même s’il a fallu patienter jusqu’au début de la seconde période, quand l’AJ Auxerre menait déjà 1-0 grâce à Christophe Cocard (6e), qui avait parfaitement suivi un renvoi de Pascal Olmeta, l’OM a été sérieusement bousculé par les coéquipiers du Belge, avec trois buts concédés en seulement cinq minutes ! Malgré les absences de Casoni, Vercruysse, Cantona, Pelé et Stojkovic, voir les troupes de Beckenbauer se faire manœuvrer de la sorte est une réelle surprise. De son côté, Scifo se joue du marquage musclé de Bernard Pardo et impressionne par sa vista.

« Nous nous sommes jetés dans la gueule du loup », a expliqué après le match Manuel Amoros, l’expérimenté défenseur marseillais. Formé à l’AJA, Basile Boli s’est lui senti « humilié » pour ses retrouvailles. La faute notamment au rayonnement d’Enzo Scifo, dont la prestation a terminé de convaincre les observateurs, notamment italiens, de son talent. Après deux saisons en Serie A à la baguette d’un Torino qu’il guide jusqu’en finale de Coupe UEFA et sur le podium du championnat, le Diable Rouge revient dans le Championnat de France pour y remporter le titre de Champion de Ligue 1 en 1997.








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