Assemblée Générale du 30 septembre : le discours de Frédéric Thiriez

Assemblée Générale
30/09/2011

Retrouvez le discours du président de la LFP lors de l'Assemblée Générale du vendredi 30 septembre 2011.

Plus que jamais dans ce monde en crise, le modèle français est d'une exemplarité qui force l'admiration. Non pas que nous échappions à la crise économique mondiale. Nous la subissons comme tous depuis au moins deux ans et l'embellie annoncée par les conjoncturistes se fait attendre.

Mais lorsque Michel Platini avouait, il y a quelques semaines seulement, qu'il avait "peur pour le  football professionnel ", il évoquait bien autre chose, une crise plus grave, plus ancienne, structurelle et non conjoncturelle, économique certes mais aussi une crise morale qui affecte le football européen.

Cette crise, nous n'en connaissons que trop bien l'origine. C'est tout simplement l'arrêt Bosman et les quinze années de dérégulation anarchique qui ont suivi. Et nous n'en connaissons que trop bien les conséquences : libre circulation sans limite des joueurs, prolifération des transferts, inflation des salaires et in fine des déficits abyssaux dans le football européen : 1,2 milliard d'euros de déficit l'an dernier pour les clubs européens de première division. Et surtout une bulle financière qui menace d'éclater à tout moment : l'endettement cumulé des clubs anglais, espagnols et italiens dépasse les 10 milliards d'euros. Peut-on durablement jouer au football et gagner des trophées avec l'argent que l'on n'a pas?

La crise n'est pas seulement économique, elle est morale. Affaires de corruption, ici ou là, Grèce, Turquie, Europe de l'Est. Des conflits sociaux aigus avec grève du championnat en Italie et en Espagne, des violences en Europe dans les stades et autour des stades. Tout ceci sur un fond de perte des valeurs qui font l'identité et la renommée mondiale du football. Oui, le tableau est noirci, mais avouez tout de même qu'il est assez sombre.

Face à cela, quel est le visage offert par le football français ? Sans tomber dans le narcissisme, ce sont nos collègues des ligues européennes qui le disent, le football français offre une image de solidité et de salubrité.

Vente centralisée des droits, forte solidarité entre les clubs professionnels et avec la Fédération et le football amateur, contrôle financier des clubs exigeant, grâce auquel notre endettement est minimum aujourd'hui (100 millions d'euros seulement) et, grâce aux efforts des clubs, leur situation financière, si elle est difficile, est en voie de redressement.

Forte régulation sociale aussi avec conventions collectives et dialogue permanent entre partenaires sociaux. Encadrement strict des paris sportifs avec la reconnaissance d'un droit des organisateurs de compétitions sur les paris, qui fait école dans tous les pays européens et auprès de l'UEFA. Enfin, maîtrise plus grande des problèmes d'ordre public avec l'aide constante des pouvoirs publics et les efforts des clubs.

Il est vrai que cette régulation à la française peut paraître pesante, mais sachez que l'Europe du sport, qui est en train de découvrir les vertus de la régulation après avoir cautionné la dérégulation, nous envie. Le modèle français fait école et vous pouvez en être fiers, comme j'en suis fier moi-même.

Il faut donc soutenir Michel Platini lorsqu'il revendique cette régulation au niveau européen mais aussi au niveau mondial.

Le fair-play financier est certes imparfait, mais il a au moins le mérite d'exister, alors faisons le vivre. Le besoin de régulation au niveau européen ne s'arrête pas au fair-play financier.

Il y a d'autres sujets où il se fait sentir : les agents sportifs, où la tentation de dérégulation est permanente, les paris en ligne, la violence, où il faudra bien arriver à une interdiction de stade européenne, la protection des mineurs et celle de la formation et enfin les relations sociales. Ce sont des domaines dans lesquels l'Europe du football doit se mettre à la régulation.

L'avenir du foot, ce n'est pas seulement à Nyon qu'il se joue, c'est aussi à Bruxelles, à Strasbourg et à Zurich. Et nous, le football professionnel français, nous devons mieux y faire entendre notre voix aux côtés de Michel Platini, pour un football propre, régulé. J'allais dire au fond, pour un football durable !

En attendant, les chantiers immédiats ne manquent pas. Le premier chantier est celui des stades. Un effort considérable se fait actuellement sous nos yeux : la révolution des stades est en marche. Indépendamment même de l'Euro 2016, de nouveaux stades apparaissent - Le Mans, Valenciennes et bientôt Le Havre - et puis il y aura ceux de l'Euro, flambants neufs à Nice, Lyon, Bordeaux, Lille, presque neufs comme à Marseille, entièrement rénovés à Saint-Etienne, Nancy, Toulouse et au Parc des Princes. Nous connaissons tous la nécessité de ces nouvelles infrastructures. Leur exploitation apportera au football français les ressources qui le rendront moins dépendant des droits audiovisuels.

Ces droits audiovisuels, j'y viens… L'enjeu est capital !

Nous sommes à la mi-temps du processus de commercialisation lancé pour la période 2012-2016.

A ce stade, nous avons attribué 5 lots sur 9, pour un total de 510 millions d'euros.

A l'époque, nous avons pu lire ou entendre des commentaires élogieux sur ces résultats provisoires, mais il nous reste encore du chemin à faire pour maintenir au moins le niveau actuel de nos droits. Pour quelle raison faudrait-il que le football français accepte une baisse de ses droits ?

Heureusement, les lots qui nous restent à commercialiser, le lot 6, l'ancien pay per view avec les matches premium en léger différé et le lot 7, joliment dénommé "Nomade", avec 100% des matches de Ligue 1 en direct, l'ancien  lot mobile, ont une valeur importante. Nous avons entamé des discussions directes avec l'ensemble des opérateurs, qu'ils aient déposé ou non une offre au premier tour. Pas de précipitation, c'est une affaire sérieuse qui prend du temps, il faut aussi tenir compte des chamboulements du paysage audiovisuel. Mais surtout, pas d'inquiétude. Je suis totalement confiant dans la valeur de notre championnat.

Par ailleurs, avec CFoot, nous disposons aujourd'hui d'un atout supplémentaire, à la fois pour l'exposition du football français et pour la valorisation des droits restant à commercialiser. Une présentation complète de la chaîne, avec une visite des locaux et les animateurs de CFoot aura lieu le 11 octobre. Votre entraîneur, votre capitaine, vos principaux collaborateurs y sont conviés, ainsi que vous-mêmes naturellement. Cette chaîne, c'est votre chaîne !

Ceci m'amène au terrain, car je veux terminer en disant que les raisons de mon optimisme ne sont pas seulement économiques. Elles sont aussi sportives.

Après 8 journées, nous en sommes au quart du championnat de France, le moins que l'on puisse dire est que le spectacle est au rendez-vous.

Il n'y a pas eu autant de buts depuis 15 ans ! La moyenne est de 2,6 par match, égale à celle de l'Espagne et l'Angleterre, devant l'Italie. Cela fait 15% de plus que l'année dernière et il y eu presque 3 fois moins de 0-0 que la saison dernière. La Ligue 2 a elle plus que jamais un goût de Ligue 1.

Spectacle sur le terrain donc, mais aussi un climat apaisé dans les stades et autour des terrains.

La baisse des incidents est importante dans les tribunes. Ils ont pratiquement diminué de moitié. Les efforts de fermeté menés en commun par les clubs, la ligue et les pouvoirs publics portent leurs fruits. On ne badine pas avec la sécurité. Notre vigilance doit rester totale !

Un beau championnat, mais aussi de bons débuts en Ligue des Champions pour la France avec six matches et aucune défaite. Des résultats qui sont bienvenus pour l'indice UEFA avec notre 5e place menacée par le Portugal. Il faut donc être tous derrière ceux qui nous représentent en Coupes d'Europe.

Nous pouvons être fiers également que 13 joueurs sur les 24 retenus par Laurent Blanc en équipe de France soient des joueurs de Ligue 1.  

Bref, il fait beau sur la Ligue 1 et il y aura encore du soleil sur les terrains ce week-end avec notamment cette somptueuse affiche entre le PSG et l'OL. Rarement un match de championnat a suscité autant d'engouement et d'attente !

 Il y aura d'autant plus de soleil que cette 9ème journée est placée sous le signe de l'outre-mer. Cette opération, organisée dans le cadre de l'année 2011 des outre-mer, sera l'occasion de rendre hommage à tous ses joueurs qui ont participé au rayonnement du football français et qui lui ont tant apporté.

Merci à vous de permettre sa réussite avec des coups d'envoi des matches qui seront donnés, en Ligue 1 et en Ligue 2, par nos footballeurs de l'outre-mer.

Bon week-end et bons matches à tous !








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